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 5.2 Economie durant la période mycénienne

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Montios
Historien - chef
Montios

Nombre de messages : 146
Localisation : Mycènes
Date d'inscription : 03/07/2007

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MessageSujet: 5.2 Economie durant la période mycénienne   5.2 Economie durant la période mycénienne EmptySam 01 Sep 2007, 10:51

Economie de la période mycénienne

Introduction

L'organisation économique des royaumes mycéniens connue par les textes paraît être bipartite : un premier groupe travaille dans l'orbite du palais, tandis qu'un autre travaille pour son propre compte. Cela reflète l'organisation sociale vue plus haut. Mais rien n'empêche que des personnes travaillant pour le palais n'aient pu parallèlement mener leurs affaires personnelles.

L'économie est contrôlée par les scribes qui notent les entrées et les sorties de produits, donnent les travaux à faire, et se chargent de la distribution des rations. Le du-ma-te paraît être une sorte d'intendant supervisant un domaine de l'économie.

Agriculture

Le terroir des royaumes mycéniens de Pylos et de Cnossos est divisé en deux ensembles : le ki-ti-me-na, domaine palatial, et le ke-ke-me-na, domaine communal, cultivé par ceux que les textes appellent ka-ma-na-e-we, sans doute le da-mo. Les terres palatiales sont celles attestées par les textes. Une partie compose le te-me-no du wa-ka-na et du ra-wa-ge-ta, comme vu plus haut. L'autre partie est accordée en bénéfice (o-na-te-re) aux membres de l'administration du palais. Ceux-ci peuvent les faire exploiter par des esclaves, ou bien par des hommes libres à qui ils afferment la terre.

La production agricole de ces royaumes suit la traditionnelle « trilogie méditerranéenne » : céréales, oliviers, vigne. Les céréales cultivés sont le blé et l'orge. On dispose aussi de plantations d'oliviers, pour la production d'huile d'olive. Celle-ci ne sert pas forcément à l'alimentation, mais plutôt pour les soins corporels et les parfums. On cultive également la vigne, et on produit diverses variétés de vin. À côté de cela, on fait pousser du lin pour les vêtements, du sésame pour son huile et des arbres comme le figuier.

L'élevage est dominé par les ovins et les caprins. Les bovins et les porcins sont plus rares. Les chevaux sont essentiellement destinés à tracter les chars de guerre.

Artisanat

L'organisation du travail artisanal est surtout connue dans le cadre palatial. Les archives de Pylos montrent un travail spécialisé, chaque ouvrier appartenant à une catégorie précise, et disposant d'une place spécifique dans les étapes de la production, notamment dans le textile.

L'industrie textile est l'un des principaux secteurs de l'économie mycénienne. Les tablettes de Cnossos permettent de suivre toute la chaîne de production, des troupeaux de moutons au stockage des produits finis dans les magasins du palais, en passant par la tonte, la répartition de la laine dans les ateliers et les conditions de travail dans ces ateliers. Le palais de Pylos compte ainsi environ 550 ouvrières du textile. À Cnossos, elles étaient jusqu'à 900. Quinze spécialités textiles différentes ont pu être identifiées. Derrière la laine, le lin est la fibre la plus utilisée.

L'industrie métallurgique est bien attestée à Pylos, où 400 ouvriers sont employés. On sait par les sources qu'on leur distribue le métal pour qu'ils effectuent le travail demandé : en moyenne 3,5 kg de bronze par forgeron. En revanche, on ne sait pas comment ils étaient rémunérés : ils sont mystérieusement absents des listes de distributions de rations. À Cnossos, quelques tablettes témoignent de la fabrication d'épées, mais sans évoquer de véritable industrie métallurgique.

L'industrie de la parfumerie est également attestée. Les tablettes décrivent ainsi la fabrication d'huile parfumée : à la rose, à la sauge, etc. On sait également par l'archéologie que les ateliers dépendants du palais comprenaient d'autres types d'artisans : orfèvres, ivoiriers, lapicistes, potiers. On y faisait aussi de l'huile d'olive. Certains domaines étaient tournés vers l'exportation.

Commerce


Le commerce reste curieusement absent des sources écrites. Ainsi, une fois l'huile parfumée de Pylos stockée dans de petites jarres, nous ignorons ce qu'elle devient. De grandes jarres à étrier ayant contenu de l'huile ont été retrouvées à Thèbes, en Béotie. Elles portent des inscriptions en linéaire B indiquant leur provenance, la Crète occidentale. Cependant, les tablettes crétoises ne soufflent pas mot d'exportations d'huile. Nous disposons de peu d'informations sur le circuit de distribution des textiles. On sait que les Minoens ont exporté des tissus fins en Égypte ; sans doute les Mycéniens ont-ils fait de même. En effet, ils ont probablement repris à leur compte les connaissances des Minoens en matière de navigation, comme l'atteste le fait que leur commerce maritime prend son essor après l'effondrement de la civilisation minoenne. Malgré cette absence de sources, il est donc probable que certaines productions, notamment les tissus et l'huile, voire les objets métallurgiques, étaient destinées à être écoulées à l'extérieur du royaume, car elles étaient trop importantes en quantité pour sa seule consommation intérieure.

On peut cependant se tourner vers l'archéologie pour ce qui est de l'exportation de produits mycéniens hors de Grèce. De nombreux vases ont ainsi été retrouvés dans l'Égée, en Anatolie, au Levant, en Égypte, mais aussi plus à l'ouest en Sicile, ou même en Europe Centrale et jusqu'en Grande-Bretagne. De manière générale, la circulation des biens mycéniens est traçable grâce aux « nodules », ancêtres des étiquettes modernes. Il s'agit de petites boulettes d'argile, façonnées entre les doigts autour d'une lanière (probablement de cuir) qui sert à attacher l'ensemble sur l'objet. Le nodule présente une empreinte de sceau et un idéogramme représentant l'objet. On y ajoute parfois d'autres informations : qualité, origine, destination, etc.

Ainsi, 55 nodules, retrouvés à Thèbes en 1982, portent un idéogramme représentant un bœuf. Grâce à eux, on a pu reconstituer l'itinéraire de ces bovins : venus de toute la Béotie, voire de l'Eubée, ils sont convoyés à Thèbes pour être sacrifiés. Les nodules visent à prouver qu'il ne s'agit pas de bêtes volées et à prouver leur provenance. Une fois les bêtes arrivées sur place, les nodules sont ôtés et rassemblés pour établir une tablette comptable. Les nodules sont utilisés pour toute sorte d'objets et expliquent comment la comptabilité mycénienne pouvait être aussi rigoureuse. Le scribe n'a pas à compter lui-même les objets, il se fonde sur les nodules pour établir ses tables.

NB : Toutes les notions expliqués ici seront redéfinies plus précisement dans d'autres tablettes.


Auteur : Montios, avec en majeure partie l'aide de Wikipédia

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